Faits sur l’alphabétisation

Le lien entre faible niveau d’alphabétisation et criminalité

L’incapacité de lire et d’écrire aisément peut ne pas être la cause directe d’un comportement criminel, mais il y a un lien entre faible niveau d’alphabétisation et criminalité.

Pour les personnes ayant un faible niveau d’alphabétisation, la vie quotidienne est plus difficile de sorte qu’elles sont plus susceptibles d’être frustrées et insatisfaites. Souvent, elles ont aussi des aptitudes inadéquates en résolution des problèmes.

Par ailleurs, elles ont tendance à être des citoyens moins actifs. Elles participent moins à des activités communautaires comme les sports ou les activités de groupes scolaires ou de communautés religieuses. En conséquence, elles sont souvent isolées et vulnérables, et elles sont nombreuses à se sentir exclues.

C’est ce qui peut en partie expliquer pourquoi selon les statistiques, les personnes ayant un faible niveau d’alphabétisation sont plus susceptibles d’être touchées par la criminalité – soit comme contrevenants, soit comme victimes. C’est aussi peut-être pourquoi les taux de criminalité sont plus élevés dans les quartiers où un fort pourcentage de la population a un faible niveau d’alphabétisation.

Faible niveau d’alphabétisation dans les prisons et pénitenciers

Quelques statistiques :

  • les contrevenants sont trois fois plus susceptibles que la population générale d’avoir des problèmes d’alphabétisation;
  • 79 personnes sur 100 arrivant dans les centres correctionnels canadiens n’ont pas de diplôme d’études secondaires;
  • 65 personnes sur 100 arrivant dans les centres correctionnels ont une scolarité ou un niveau d’alphabétisation inférieur au niveau de la 8e année.

Les détenus qui ont un faible niveau d’alphabétisation sont moins portés à utiliser les services qui leur sont offerts, comme les rencontres avec un agent des services communautaires. Ils sont aussi moins en mesure de profiter des programmes visant le développement des aptitudes de la vie quotidienne et la réhabilitation qui leur sont offerts ou qu’un juge a prescrits dans le cadre de la sentence.

Les programmes de gestion de la colère et de traitement de la toxicomanie exigent habituellement des lectures; ils peuvent donc n’être guère utiles à un contrevenant ayant un faible niveau d’alphabétisation.

Alphabétisation et prévention de la criminalité

Tandis que la pauvreté, le chômage, l’isolement social ou le désespoir peuvent entraîner certaines personnes vers la criminalité, une formation en alphabétisation peut donner à de nombreux jeunes et adultes une occasion de s’assurer un avenir meilleur.

La formation en alphabétisation procure aux jeunes susceptibles de délinquance les aptitudes nécessaires pour trouver et conserver un emploi, et échapper à la pauvreté. au moins 75 adultes emprisonnés sur 100 étaient des contrevenants habituels dans leur jeunesse. Le fait d’améliorer l’alphabétisation des jeunes pourrait donc avoir un effet important sur les taux de criminalité des adultes et le nombre de détenus adultes.

Une amélioration des taux d’alphabétisation dans la société aidera à prévenir et réduire la criminalité.

Formation en alphabétisation et réhabilitation

De nombreuses études ont constaté un lien entre les programmes d’éducation et d’alphabétisation dans les prisons et le succès de la réhabilitation. Selon une étude canadienne, les programmes d’alphabétisation offerts dans les prisons peuvent réduire de 30 % le taux de récidive, tout dépendant du niveau d’alphabétisation qu’atteint le détenu. Dans une étude américaine, l’obtention d’un diplôme collégial en prison a réduit la récidive de 100 %.

Les programmes d’alphabétisation et d’éducation proposés en prison offrent aux détenus une nouvelle possibilité de mener une vie honnête, saine et productive. Ces programmes apportent aux détenus les compétences dont ils ont besoin pour obtenir un emploi régulier à leur libération, ce qui réduit leur risque de récidive.

Après une formation en alphabétisation ou dans un autre domaine, les détenus retournent dans leur collectivité armés d’une image de soi plus positive. Ils sont fiers de ce qu’ils ont accompli; les compétences et l’estime de soi qu’ils ont acquises les aident à éviter une des principales causes de l’activité criminelle : le chômage.

Les avantages qui en découlent sur les plans économique et social justifient amplement le coût de la formation en alphabétisation offerte aux détenus.